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Tutoriel pour le montage et la fabrication d'une canne à pêche personnalisée

Ce tutoriel vise à expliquer étape par étape la construction d'une canne à pêche, en s'appuyant sur du texte, des images et de la vidéo.
Ce tutoriel ne prétend pas être ni la meilleure des méthodes, ni la seule, mais ce sont des explications validées et sûres, que nous avons mises en œuvre au sein de la team Rodhouse, et dont le but est d'aider ceux qui n'ont pas encore monté de canne à en monter une première.
Nous allons nous attacher principalement à vous montrer comment fonctionne une canne spinning (avec un moulinet à pick up), quand on a compris le coup c'est aussi facile voire plus de monter une canne à mouche, ou une canne casting. 

Il faut démystifier le montage de canne, monter une canne à pêche n'est pas compliqué, Il s'agit de coller, de couper, de poncer, de caler, d'entourer du fil et de vernir, on est plus proche du montage de meuble Ikea que du prix Nobel de physique-chimie. Ce qui est important par contre c'est le plaisir apporté par le fait de pêcher avec une canne conçue pour soi et par soi,  et la compréhension globale du fonctionnement d'une canne à pêche que l'on tire du fait de l'avoir construite soi-même.

Si la pêche est un monde en soi, avec les rencontres et les moments rares qu'elle apporte, vous verrez, et nous en reparlerons, que le fait de construire sa canne sera une nouvelle étape dans votre vie de pêcheur, et nous sommes vraiment heureux de pouvoir vous aider à franchir ce pas.

Choisir son Blank

Le blank est la tige de carbone nue sur laquelle viennent se coller les éléments de poignée et sur laquelle viennent se ligaturer les anneaux.
Vous prenez n'importe quelle canne à pêche, vous enlevez les anneaux, le porte moulinet, les mousses, les lièges, il vous reste une chose : le blank.

Il faut considérer un blank comme on appréhende un outil : c'est un moyen de faire un travail  donné dans un contexte donné, et de la même manière qu'avant tous les chantiers, il faut évaluer ses besoins.

Un blank peut se définir selon les termes suivants :

  • Longueur
  • Action
  • Puissance de lancer
  • Qualité du matériau
  • Poissons visés, géométrie du blank

1. LA LONGUEUR

Dans le monde des blanks on parle souvent en unités impériales (les pieds, les Oz, etc …) Qu'importe que nombre d'américains eux-mêmes souhaitent en sortir et passer au système métrique, c'est comme ça, nous ferons donc avec, nous ne sommes là que pour vous apprendre à monter des cannes à pêche …
Vous trouverez donc des côtes en pied, notées par exemple 7'  ansi que des côtes en pouces, notées par exemple 6'8''  ou simplement 6'8, ce qui se lit «six pieds et 8 pouces» sachant qu'un pied mesure 30,48 cm et un pouce 2,54 cm, il s'agit d'une canne de 2,03 mètres.
Voilà une table de correspondance :
 



Pour ceux qui cherchent la petite bête, non, il n'y pas d'erreur, un pied est composé de douze pouces, donc on peut trouver une mesure de 7'10 par exemple, qui est différente de 8'

Il vous faudra donc déterminer la longueur de votre blank, il n'y a pas de règles absolues  à part celles que vous vous fixerez, les modes sont assez changeantes pour se permettre d'être prudent en la matière.
Il y a quelques grands principes quand même, les cannes longues font généralement de meilleures lanceuses et sont plus adaptées aux leurres  dont le travail dans l'eau nécessite une animation plus technique que de simples tirées, alors qu'en bateau on a tendance à raccourcir la longueur des cannes

Vous trouverez dans le monde du rodbuilding principalement ce qu'on appelle des mono-brins, c'est à dire des blanks d'un seul tenant, sans about, emmanchement ou autre. C'est avant tout culturel, les rodbuilders sont souvent des pêcheurs exigeants, et celui qui a goûté au monobrin y revient toujours, pas de point de faiblesse, pas de rupture d'action, solidité accrue et meilleure transmission du son font partie des atouts des monobrins.

Vu qu'il importe aussi pour certains de se déplacer sur de longues distances, vous trouverez bien sûr aussi des blanks en deux brins égaux, deux brins inégaux, voire cannes de voyage en plusieurs brins.

A noter aussi, et c'est important, qu'un blank peut se couper à la fois au scion et au talon pour ajuster votre longueur idéale, cela se fait couramment, allez y par petites étapes progressives, à la scie à métaux ou à la Dremel.

2. L'ACTION

Cela désigne la courbe que prendra votre blank sous un poids de travail donné, cohérent à la fois avec sa puissance de lancer et avec les poissons pour lesquels il est fait.

Pour parler des deux extrêmes, on parle d'un blank de pointe, ou X-fast quand, soumis à un poids modéré, le blank ne va travailler que sur le dernier quart du côté du scion, à l'inverse on va parler d'une action dite moderate quand un blank de même puissance soumis au même poids va travailler depuis le talon.

Entre les deux, il y a plusieurs nuances, je vous propose de jeter un œil à ce graphique tiré du site d'un de nos fournisseurs (Batson) qui va vous faire comprendre tout ça mieux qu'un long discours :
 



Pour le choix de votre blank, là encore pas d'autres contraintes que vos choix à vous, mais dans les grandes tendances, on va privilégier des blanks rapides, d'action de pointe, pour le travail des leurres souples à gratter et des verticalières, et des blanks plus progressifs, doux, tirant vers le moderate pour le travail des leurres durs, des jigs et des shads.

On peut aussi prendre en compte à ce moment là le lancer, généralement les blanks plus progressifs se chargent mieux au lancer et propulsent plus loin le leurre, quand des blanks plus durs vont souvent développer une meilleure tactilité mais feront de moins bonnes lanceuses.

A ce stade il faut comprendre que les blanks ne dépendent pas du monde de la magie, mais de celui des matériaux.
Le blank parfait pour pêcher les perchettes et les gros lieus, aussi sensible à 10 grammes qu'à 60, parfait pour le leurre dur et le leurre souple, ni trop court ni trop long, surpuissant mais ultra léger, n'existe que dans l'imagination de celui qui vous le promet. Ainsi  au même titre que les bateaux, les maisons, les voitures, un blank est un outil qui va exceller dans certains domaines et moins dans d'autres,  à vous de définir votre cahier des charges, et comment vous voulez pêcher en traduisant ce besoin en « langage blank » : longueur, action, puissance.

3. LA PUISSANCE DE LANCER

C'est la capacité de votre blank à propulser un leurre ou un lest.
On distingue généralement quatre grandes familles de puissance, UL ultra-light (1-9 grs), L  light(5-15 grs) , M médium (15-40 grs) et H (30-80), il y plus puissant, moins puissant, il y a des intermédiaires, des nuances, mais le fagot de cannes types pour les pêches classiques hexagonales, c'est ça.
Il faut comprendre que les notions de limite haute et basse d'un blank sont subjectives, et  avant tout fixées par les lois du marché plus que par celles de la physique, et c'est votre main qui décidera de la vraie puissance d'un blank, là ou l'on vous dit 10-40 grs, vous trouverez peut-être 20-35 grs ou 25-50 grs, à vous d'apprivoiser et d'étalonner votre blank, au delà des indications du constructeur.
Plus on descend dans les petits grammages plus le nombre de plages augmente, 0,5-3 grs, 2-6 grs, 3-9 grs, 5-15 grs, voilà quatre plages de puissances usuelles qui couvrent ...15 grammes , et plus on monte dans les grammages plus ces plages s'espacent, 15-40 grs, 20-50 grs, 20-60 grs , 30-90 grs, etc, voilà 4 plages de puissance ordinaires qui couvrent … 75 grammes.
Chaque indication de puissance indique une plage basse, et une plage haute, il est évident que le poids de confort de votre blank, là ou il révélera tout son potentiel à la fois au lancer et en animation, se trouve quelque part entre les deux, si vous attendez que votre canne soit aussi à l'aise sur son indication basse que sur son indication haute, vous risquez d'être déçu.

4. QUALITE DU MATERIAU

Au même titre qu'un outil votre blank peut être composé de différents matériaux qui influent sur la sensibilité, la tolérance à la flexion, le poids, la solidité de l'ensemble et sur son comportement en lancer et en combat.
Les fibres de carbone, qui proviennent à 90% toutes des usines de Toray ou de Mitsubishi, sont généralement classées selon la qualité de leur module qui s'exprime en Million de PSI, un carbone IM (intermédiaire) tourne autour de 33 M, et à l'opposé les carbones les plus haut modules tournent autour de 54/57 M de PSI, au delà cela devient trop cassant.

Même s'il est vrai que l'on sait faire des carbones intermédiaires rapides (qui reviennent rapidement en place après flexion) , la tendance globale va quand mêm être qu'une canne composée de matériaux intermédiaire va être moins de pointe et moins rapide qu'une canne composée de matériaux Haut Modules.
De même si une canne HM va être à poids égal plus dure et puissante qu'une canne IM, passé un certain seuil sa tolérance à la flexion et sa résistance aux chocs cisaillants va aussi être moins élevée, et les risques de casse plus grands.
C'est là que dans votre cahier des charges qui va servir à élaborer votre future canne, vous devrez prendre en compte le degré du module, on ne prend pas une Ferrari pour faire des allers-retour Lille-Marseille, on prend une routière, de la même manière qu'on ne prend pas une carbone HM pour aller pêcher la truite dans un ruisseau aux berges encombrées, alors qu'en milieu découvert, en bateau à gratter par exemple, un carbone HM permettra de rechercher un maximum de sensibilité.

Il faut aussi prendre en compte que certains designers de blanks préfèrent travailler avec des carbones IM, qui nécessiteraient paradoxalement moins de résine pour lier les fibres que les carbones HM … Un carbone IM n'est donc pas péjoratif en soi, c'est un matériau qui présente des avantages, robustesse, tolérance à la flexion, que possédera dans une moindre mesure un carbone HM qui lui permettra plus de jouer sur le poids, et la sensibilité.
Concernant les finitions des blanks, tous les blanks que vous trouverez sur le marché sont livrés prêt à l'emploi, il n'est nul besoin de les vernir, ni de les peindre, ni des les couvrir de quoi que ce soit, eux pas plus qu'un bon camembert n'ont besoin d' être recouverts de peinture, sauf si vous le désirez bien sûr.
La tendance est à dire que « less is better », c'est à dire que « moins est mieux.

Pour bien comprendre, il faut considérer que votre blank est un fouet, une catapulte, 1 gramme de matière au cul du blank, ce n'est pas très grave, voire c'est bon, nous en reparlerons plus loin en abordant l'équilibre, mais un gramme de matière en trop au scion, sur sa partie la plus fine, qui concentre tous les efforts et subit la plus forte accélération au lancer, c'est simplement une hérésie.
Si vraiment vous souhaitez recouvrir votre blank, faites le sur la partie « talon » , et laissez lui donc le scion tranquille.

 

5. POISSONS VISES, GEOMETRIE DU BLANK

 

a. LE BUTT


La puissance de lancer est un critère important et déterminant, qui peut trouver une limite ... celle du poisson que l'on doit extirper de l'eau, et donc la fameuse « réserve de puissance », certains blanks sont fait pour lancer 50 grs et sortir des bass et assimilés, d'autres lancent le même poids, mais peuvent sortir des pélagiques.

La réserve de puissance est directement liée à la section du butt, c'est à dire au diamètre de la base du blank, sa partie la plus large, ainsi qu'à son épaisseur, qu'on déduit en considérant le poids de l'ensemble et en le rapportant à des blanks connus.
Vu ainsi ça peut paraître compliqué, en fait ce sont des comparaisons que l'on établit tout le temps et à tout sujet, si l'on considère un bateau de 5 mètres qui pèse 450 kilos et un autre de 5 mètres qui pèse 600 kilos, on en déduit que l'un est probablement plus solide que l'autre, mais que l'autre se propulsera avec moins de chevaux et sera plus maniable ….

Sans faire de jugements de valeur qui n'ont pas lieu d' être, il en va de même pour les blanks ;  à moins de croire au père Noël, il ne faut pas attendre d'un blank plus léger qu'un autre dans la même catégorie, qu'il soit plus solide, on peut par contre en espérer plus de sensibilité.

On mesure généralement la taille d'un butt en Inch (on se rappelle qu'un Inch mesure 2,54 cm)

Par exemple quand on voit un blank marqué 0,550-6(2,4), cela veut dire que sa partie la plus large mesure 0,550 Inch, soit 0,550*2,54= 1,39 cm.

b. LE TIP

Le tip veut dire  le scion, et sa section influe sur la plage de lancer et d'animation des leurres.

Il est parfois noté en millimètres, dans ce cas cela est facile, mais il est aussi souvent noté en Inch et là cela se complique un peu ...car il est noté en 64e d'inch (vous commencez maintenant mieux à comprendre pourquoi certains américains souhaiteraient adopter le système métrique)

Si je reprends l'exemple du blank précédent, noté 0,550-6(2,4), nous savions que le butt mesure 0,550 d'inch, soit 1,39 cm au cul, et nous savons maintenant que son scion mesure 6/64è d'inch, c'est à dire (2,54/64)*6 = 2,38  que l'on arrondit à 2,4 mm

Je vous laisse méditer sur les joies des mesures impériales, vous ne verrez plus jamais de la même manière un pêcheur à la mode vous parler avec assurance d'une canne de 6 pieds 8, sans lui demander malicieusement en retour si le tip de son blank est de 4 ou de 4,5 soixante quatrième d'inch ... En attendant je vous glisse cette table de correspondance qui permet de laisser la calculette au fond du tiroir, à côté des piles et les cartes de vœux.



Souvent les caractéristiques d'un blank sont notées avec les deux unités pour la section de tip, l'une étant entre parenthèses. Donc maintenant vous savez ce que veut dire :

0,550-6(2,4)  cela veut dire un blank de 1,39cm de diamètre au cul, et de 2,4 mm de scion, ça y est, vous parlez la langage des blanks.

c. LIER LA SECTION DE BUTT,  LA SECTION DE TIP, LE POIDS DU BLANK

Le fait de mettre en relation ces trois données permet de se faire une idée de la conicité du blank, c'est à dire de se représenter le rapport entre la section de butt, et la section de tip.

Pour faire court et pour aller très vite, car  nous ne somme pas là pour enfiler des perles, plus le blank est conique, donc plus le cul du blank est gros  et son tip petit, plus vous risquez d'obtenir un blank à action de pointe, avec une grosse réserve de puissance, et une capacité à jouer avec de petits leurres.

0,550-6(2,4) sur 7' (2,13 m) pour un poids de 70 grammes ça risque de donner un blank à bass (bass, lieux, brochets etc) d'action de pointe, assez puissant,  et capable d'envoyer 60 grammes sur Mars, alors que si on reste sur 7' (2,13m) et qu'on imagine un blank qui nous annoncerait 0,360-4 pour un poids de 30 grammes, on pourrait déjà lui dire sans trop se tromper que s'il est capable de dépasser 10 grs au lancer c'est le bout du monde, que son action, au vu de la faible conicité devrait être relativement parabolique et progressive (moderate), et qu'il ne faut en aucun cas espérer brider un beau poisson avec ce blank sous peine d'en faire du petit bois.

Ceci n'est aucunement péjoratif, certaines pêches nécessitent des outils doux, fins et progressifs, des fouets, quand d'autres nécessitent des tangons, l'un ne pourra pas bien faire le travail de l'autre.

Vous voyez donc comment en mixant toutes ces éléments on arrive maintenant en se posant des questions simples à appréhender logiquement la géométrie d'un blank, et quel pourra être son rôle dans notre fagot.

TROUVER L'EPINE

 

L'un des nombreux intérêts du rodbuilding est de pouvoir monter correctement sa canne, sur ce qu'on appelle le nerf, ou l'épine.

Le nerf ou l'epine (c'est la même chose) sont des notions propices à induire en erreur le débutant, parle t' on du dessus, du dessous ?
Nous préférons parler du sens de travail naturel du blank :  quand vous posez le cul d'un blank sur une surface lisse et propre, sur une table ou un carrelage par exemple, et que vous tenez le scion dans la main de manière à ce que le blank puisse tourner librement,  vous constaterez que le blank revient toujours à la même place, se positionne de la même manière.
En le mettant en flexion modérée, le scion en l'air et le cul par terre, il va encore bouger un peu.
Marquez avec un crayon de couleur gras l'intérieur de la courbe alors décrite par le blank ; sur une canne spinning c'est sur cet axe qu'il faut poser vos anneaux, la canne décrira moins de mouvement parasites au lancer, elle sera donc plus efficace, et surtout sera plus stable en combat.
Vous comprenez que si votre blank mis ainsi en flexion prend toujours la même orientation, c'est qu'il a envie de travailler ainsi, mal le monter est une aberration.
C'est pourquoi je préfère parler de sens de travail naturel de la canne plutôt que de nerf ou d'épine, cela permet de vraiment comprendre et de s'adapter à tout type de situation, sur une canne casting montée conventionnellement on montera ainsi les anneaux sur le côté extérieur du cercle décrit par le blank en travail, alors que sur une spinning on les montera sur le côté intérieur du cercle.



lien vidéo sur la recherche de l'épine :
 

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 CHOISIR L'EMPLACEMENT DE SON PORTE MOULINET

Dans l'idée, c'est à vous de définir ce qui est confortable, et ce que vous voulez sur votre canne.
Techniquement, plus une canne possède  une longue poignée, plus on peut considérer qu'elle sera une meilleure lanceuse (car le pêcheur disposera de plus de bras de levier), et qu'elle aura un meilleur équilibre.
Il n'y a en effet rien de plus facile pour équilibrer une canne que de lui coller une longue poignée, et plus cette poignée est longue plus  le pêcheur disposera d'un avantage en terme de bras de levier lors d'un combat sur de gros poisson.

L'amplitude d'animation du leurre se retrouve par contre limitée, de même que la maniabilité globale de la canne, le talon cogne partout derrière le coude, on se sent vite empêtré, d'un avantage découle toujours une faiblesse.
Sur des cannes de 7' la longueur qui fait globalement l'unanimité est celle de l'avant-bras, puisque personne n'échange ses coudes avec ses voisins, vous comprenez là encore l'intérêt du rodbuilding : votre unité de mesure, c'est votre morphologie, pas celle du plus grand nombre.

Sur des cannes plus longues et/ou plus puissante et destinées à de gros poissons, on augmente la longueur de la poignée, sur des cannes plus petites et destinées à de plus petits poissons, on peut réduire la longueur de la poignée, quitte à se retrouver peu à l'aise sur de beaux poissons, ce qui peut faire partie de l'effet recherché.
Dans certains besoins précis (kayak) on peut même réduire considérablement la longueur de la poignée pour des raisons pratiques.

A titre indicatif une longueur de poignée standard sur une 7' de 10/20 livres se situe généralement entre 35 et 38 cm, au dessus et en deçà, on sort des sentiers battus.
La meilleure méthode pour déterminer l'emplacement de son porte moulinet est de prendre le blank en main, de poser sa main comme lors d'un lancer, d'une animation, d'un combat, et de voir là ou on est le plus à l'aise.
Puis, en fonction des critères précédemment décrits, de définir ce que l'on va chercher à obtenir, une lanceuse, une canne dure pour gros poissons, une canne maniable, une canne équilibrée, etc etc, et de moyenner avec la prise en main naturelle du blank que vous avez obtenue en prenant votre blank en main : par exemple si mon point préféré est à 37 cm, mais que je pêche du bord et que je souhaite la meilleure lanceuse possible, alors je vais avancer un peu ce point à 39 cm, ou au contraire si je souhaite rigoler sur de petits poissons et maximiser au possible l'amplitude d'animation des leurres, alors je vais reculer ce point à 34 cm ...tout est possible.

CHOISIR ET PLACER SES ANNEAUX

Un anneau c'est simple, c'est une armature, et une céramique.
Une armature pour renvoyer les efforts à la canne et guider le fil  plus ou moins loin du blank depuis la sortie du moulinet, et une céramique qui se doit de dissiper la chaleur provoquée par le frottement du fil et d'y résister.
Une armature bipatte sera plus solide, mais beaucoup plus lourde, réservez ces anneaux aux pêches très puissantes ou alors aux anneaux de départ, il est en effet très possible de mixer plusieurs types d'anneaux en fonction de l'effet recherché.
On trouve aujourd'hui sur le marché deux types de matériau composant les céramiques, il y a l'Alconite et le Sic, le Sic étant plus léger, dissipant mieux la chaleur et étant plus dur que l'Alconite, il est plus adapté aux pêches lourdes en tresse, mais l'Alconite fera aussi le travail pour les pêches usuelles des carnassiers en tresse.
Au niveau des armatures vous trouverez majoritairement des armatures Inox de différentes qualités et protégées par différents revêtements, il vous faudra cependant toujours les rincer après sortie et éventuellement les protéger à l'aide d'un dégrippant type WD40.
Il existe aussi des armatures en Titane, matériau plus léger que l'Inox et insensible à la corrosion, mais bien plus onéreux, à vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.

En ce qui concerne le placement des anneaux sur le blank,il existe ce que l'on appelle des spécifications constructeur, Fuji ou autre, qui, tenant compte des longueurs des blanks, vous indiquent à la fois les tailles des anneaux à placer, ainsi que leur emplacement mesuré depuis le scion.
Nous avons aussi crée des packs d'anneaux qui vous permettent de choisir des anneaux adaptés à votre blank.
Dans les grandes lignes, on retombe sur le « less is better », on essaye de placer beaucoup de petits anneaux légers, ce qui permet de bien guider le fil, et de ne pas déséquilibrer la canne.

Pour une première canne il est aisé et pratique de suivre des spécifications, ce sont des placements éprouvés, fiables.
Pour une deuxième canne, optimisez et réduisez la taille des anneaux, faites vos propres spécifications, le rôle des anneaux est que le fil soit tangent au blank et lui répartisse bien la charge, et d'accompagner le lancer.



Savoir lire une spécification de montage fuji :

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=7

spécifications de montage :

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=1611

 

CHOISIR LES ELEMENTS DE SA POIGNEE

Il y a plusieurs sortes de montage : les montages split-grip, avec le carbone apparent entre le porte moulinet et le talon, les montages pleins, ou toute la partie derrière le porte moulinet est cachée et on peut aussi parler des montages « no fore grip », très populaires aux US, ou il n'y a rien devant le porte moulinet afin de pouvoir poser le doigt sur le blank.








REAMER, COLLER

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On choisit les éléments pour composer une poignée en fonction entre autre de leur ID, leur diamètre intérieur, souvent exprimé en Inch, donc quand vous trouvez une pièce qui dit : ID 0,500 cela veut dire qu'elle fait 0,500 d'inch, donc 2,54*0,500= 1,27 mm de diamètre intérieur.

On commence toujours par enfiler en premier par le scion les éléments qui se retrouveront en bas de la canne.
Pour cela on choisit des éléments de poignée dont le diamètre est inférieur à celui du blank, et que l'on amène à la côte en les reamant, c'est à dire qu'on les travaille avec un fusil conique recouvert d'abrasif.
 




Vous pouvez utiliser des reamers du commerce, nous en vendons ici, ou vous pouvez aussi construire vos propres reamers en utilisant de vielles sections de blank que vous recouvrez d'abrasifs, voilà le lien d'un tutoriel vous expliquant comment construire des reamers :

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=54&p=345#p345

Pour savoir quelle EVA ou Liège commander, reportez vous à la fiche produit du blank, les blanks sont tous mesurés tous les 5 cm sur les premiers 50 cm, il suffit de commander une EVA dont le diamètre intérieur est inférieur, puis de l'élargir au diamètre du blank en le reamant.

Avant de coller, passer les parties du blank à encoller au papier de verre fin. Il est inutile de gratter le blank, mieux vaut le passer au papier de verre fin, pour vous donner une image il faut qu'une goutte d'eau posée sur le blank poncé se diffuse sur le blank en n'en glissant pas : vous êtes alors certain que votre collage sera indestructible.
 

N'oubliez pas d'ôter les poussières laissées par le ponçage


Après avoir présenté votre Grip sur le blank pour être certain qu'il se positionnera bien  à l'endroit voulu, enduisez le blank de colle epoxy.
Votre pièce doit rentrer légèrement en force, elle ne doit pas flotter.
Protégez tant que possible votre pièce à l'aide de scotch de peintre afin d'éviter les traces de colle, si vous en avez malgré tout vous pourrez les nettoyer avant la polymérisation (la prise de l'époxy) à l'aide d'alcool ménager ou d'acétone (éviter le contact avec la peau)

Il peut être intéressant aussi d'effectuer un petite découpe concave au cutter sur le cul de la pièce à assemble, permettant de maintenir un flux constant d'époxy.



LES BAGUES

Choisir les bagues de décoration est aussi souvent un motif d'interrogation pour celui qui débute...
Il existe deux grands types de bague, les bagues en métal, généralement du laiton ou de l'aluminium anodisé, pour lesquelles vous devrez choisir une côté précise, et les bagues en PVC, plus souples, pour lesquelles un peu de jeu « à forcer » est même conseillé.

Pour choisir une bague en métal, là encore sur rodhouse c'est facile, puisque tous les blanks sont mesurés de 5 en 5 centimètre, sur les 50 premiers centimètres, il vous suffit donc de tracer sur une feuille de papier l'ébauche de votre poignée, et de choisir ensuite  son diamètre intérieur selon la distance à laquelle vous avez estimé qu'elle se trouve
A moins d'être sur de votre coup et d'avoir le blank sous les yeux (ce qui peut être une solution, commander d'abord le blank, puis les éléments de poignée), choisissez toujours  en cas de doute la bague de taille supérieure à celle qui serait trop ajustée.

Vous truoverez d'ailleurs, sur notre boutique, des nombreuses bagues dont certains modèles Matagi de très grande qualtié.




Il est conseillé de griffer au papier de verre ou autre afin de fortifier la prise de l'époxy.




Vous pouvez aussi choisir une bague en PVC, là encore en établissant un plan et en vous servant des mesures des blanks, choisissez cette fois ci une taille inférieure afin que la bague vienne serrer le blank et s'ajuster au mieux.
Il est très joli ensuite de faire partir une petite ligature depuis la bague PVC, puis de vernir à la fois la ligature et la bague
 

 

LE PORTE MOULINET


Les porte moulinets type ALPS, Fuji DPS, etc, sont des porte moulinets droits, ils viennent en butée contre des EVA ou des lièges, c'est ce qu'on retrouve sur ce type de poignée :

 

 

Pour rattraper le jeu entre votre porte moulinet et le blank il y a deux méthodes, celle du scotch de peintre ou celle de la cale polyuréthane

L'ancienne méthode est celle qui consiste à caler avec du scotch de peintre, elle est adaptée aux cas ou le jeu à rattraper est très faible et ou la mise en place d'un SHIM ne se justifie pas (1 ou 2 mm)

On fait des tours de scotch de peintre autour du blank tous les 5 mm à 10 mm jusqu'à rattraper le diamètre du Porte moulinet, dès que le porte moulinet est bien assis sur le scotch, sans jeu, on bourre d'époxy, et on colle.

L'autre technique est celle qui consiste à coller un SHIM à l'intérieur du porte-moulinet puis lorsque c'est sec, à reamer l'ensemble exactement comme on reamerait un liège ou une EVA






 
tutoriel sur le montage d'un PM avec du scotch de peintre :

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=53

 


LIGATURER LES ANNEAUX

Une fois que vous avez choisi vos anneaux, en vous aidant ou en vous inspirant pourquoi pas d'un pack, et que vous avez choisi ou fixer ces anneaux, en vous inspirant de spécifications Fuji par exemple, il va vous falloir les fixer sur le blank, puis les vernir.

Les anneaux sont fixés sur le blank par ce qu'on appelle une ligature, il s'agit d'un fil enroulé autour de la patte de l'anneau et du blank, qui lie les deux, et que l'on recouvre ensuite d'un vernis qui fige l'ensemble.
Sur le principe mécanique, c'est l'équivalent d'un béton armé, le treillis est le fil, le béton le vernis.

Les fils utilisés vont de la taille A (la plus petite) à la taille D (la plus grosse), on trouve du fil métallisé, du fil NCP (No Color Preservator) qui ne nécessite pas de préservateur de couleur et garde au mieux sa couleur originelle après le vernissage.

Pour commencer une canne à carnassier standard, je vous conseille d'utiliser du fil taille A traité NCP, et de reserver le fil métallique aux liserés simples et autres liserés de bordure (trim band), le fait de faire une ligature complète en fil métallique ne fait que surligner les éventuels défauts.

À mesure que vous avancerez dans votre ligature, il faudra la « packer » , c'est à dire resserrer les spires de fil les unes contre les autres, afin que l'on ne voie pas le blank à travers.
C'est ce qui fait que souvent les gens qui ne connaissent pas les cannes ont l'impression qu'une ligature est faite d'une sorte de scotch ou de peinture, alors qu'il ne s'agit que de fil, et de vernis transparent.

Pour comprendre comment débuter et terminer une ligature, voilà un tutoriel en vidéo, et un tuto en image :

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https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=37


https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=1360

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=1424

 

On règle la tension de son fil au jugé, il faut que l'anneau tienne bien mais puisse ensuite être bougé à la main pour parfaire l'alignement avant le vernissage, à noter qu'il vaut toujours mieux une ligature un peu moins serrée que trop serrée.

En ce qui concerne les sous ligatures, leur rôle est d’empêcher le blank d'être crevé par les pattes des anneaux lors de très fortes contraintes.

On fait alors une ligature à vide, sans anneau, en gros fil, souvent du D, que l'on fige ensuite en la recouvrant d'une tres fine couche de vernis ou de préservateur de couleur, on vient ensuite poser la patte de l'anneau dessus, et l'on ligature par dessus la sous ligature, puis on vernit le tout.

Si ces sous ligatures protègent, elles ont par contre pour défaut d'alourdir le blank, réservez les tant que possible aux anneaux proches du porte moulinet, et aux cannes supérieures à 30 Livres de puissance (tresse ou nylon t de résistance supérieurs à 14/15 kilos)

 

ALIGNER LES ANNEAUX

 
On voit souvent des gens prendre une canne anneaux vers le haut et regarder l'alignement des anneaux … c'est une erreur.
A moins d'être extrêmement expérimenté,  votre rampe d'anneaux peut partir légèrement vers la gauche ou la droite, de manière progressive et régulière, et votre œil  s'y fera et validera le défaut …
La technique pour éviter cela est de travailler anneaux vers le bas, et une fois le porte moulinet collé, de faire dégauchir anneaux et moulinet autour de l'axe représenté par le blank, qui doit diviser en deux parties égales les anneaux et le porte moulinet, la technique est décrite en photo à la fin de ce post :

https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=9&t=1868


là ça ne va pas, on voit que le PM est dans l'axe mais pas le premier anneau :



là on voit que le premier est top moumoutte, mais pas le deuxième, mais du coup vous avez compris le coup ... on continue la manip' ...

 :D



jusqu'à ce que ça ressemble à quelque chose, ne pas hésiter à laisser reposer l’œil 10 minutes avant de reprendre, quand il en marre il vous raconte ce qu'il a envie de voir.




on voit la trace de crayon blanc qui marquait le creux du blank, les anneaux sont bien placés là ou il le faut.


CHOISIR ET FIXER L'ANNEAU DE SCION

Un anneau de scion est mesuré par la taille de la céramique, et par la taille de son tube, il existe pour chaque référence plusieurs tailles de tubes afin de s'ajuster au mieux aux différentes tailles de scion.

les références d'un anneau de scion sont composées de deux ou trois chiffres, souvent cela s'exprime ainsi (le MNST est un exemple parmi d'autres) :

MNST 6-2.6

ou

MNST 6-2.6(6.5)

Le premier chiffre à gauche désigne la taille de la céramique, c'est à dire de l'ouverture de l'anneau, ici c'est un taille 6, donc chez Fuji cela cela veut dire 6mm extérieur céramique.

Le deuxième chiffre désigne la taille du tube de l'anneau, ou bien en millimètres, et là tout va bien ... ou alors (c'est là que ça se corse) en 64e d'inch, ou les deux.

un inch mesurant 2.54 cm, il suffit de diviser 2.54 par 64 puis de le multiplier par la taille de tube (6.5 dans notre exemple) pour obtenir la cote en millimètres.

dans notre exemple cela fait (2.54/64)*6.5= 0.257 soit en arrondissant une taille en millimètres de 2.6 mm comme indiqué dans l'exemple.


si je prends l'exemple d'un blank SJ 706 IM : https://www.rodhouse.fr/product.php?id_product=695

le blank est indiqué par ses dimensions de butt (section au talon) et de tip (section au scion) : butt-tip 0.57-4.6

le scion est de 4.6 , en 64e d'ich

ce qui fait donc (2.54/64)*4.6 = 0.179 soit 1.8 mm, on va arrondir à 2 pour être sur, il faut un anneau de taille de tube de 2mm, on pourra donc par exemple prendre un

MNST 5-2 (en unité métrique)
MNST 5-2(5) (en unité métrique et 64e d'inch US entre parenthèses)
MNST 5-5 (en unité US uniquement)
ces trois références désignant le même anneau.

On fixe l'anneau de scion en le collant à l'epoxy ou à la colle thermofusible, cette dernière présentant l'avantage de pouvoir facilement ensuite bouger l'anneau si nécessaire en le chauffant rapidement à la flamme d'un briquet.

Certains anneaux de scion sont dotés d'une patte (comme les anneaux type MN par exemple) sur laquelle il faut faire monter une ligature

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Pour les anneaux de scion sans patte il n'est pas nécessaire de faire une ligature, un bon collage suffit, mais vous pouvez aussi faire une ligature décorative.

LE VERNISSAGE

Voilà le lien d'un tuto en vidéo :

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1/ généralités sur le vernis

Le but d'un vernis est de figer une ligature, c'est un liant souple et résistant, qui travaille mécaniquement comme le ferait un béton sur une structure métallique: la ligature seule ne tiendrait pas dans le temps, et le vernis sans armature fissurerait et casserait.

les vernis se décomposent en trois grandes familles.

a/ les mono composants (du vernis à ongle en fait) qui sèchent uniquement par l'évaporation d'un solvant.

b/ les bi-composants "high-build" qui sèchent par catalyse, c'est à dire par réaction entre les deux composants (résine et durcisseur), indiqués pour les cannes heavy et medium

c/ les bi-composants 'lite" qui sont plus fluides car ils contiennent une part de solvant , ils sèchent donc à la fois par évaporation du solvant, et par catalyse, et nécessitent deux couches.
Plus légers, ils sont indiqués sur les cannes eau douce, L et UL.

Les vernis mono composants sont intéressants pour réparer des cannes ou pour bricoler ponctuellement, à moins d'y passer paradoxalement beaucoup de temps, il est difficile d'obtenir un résultat vraiment propre : tout travail sérieux de construction de canne se fait à l'aide d'un vernis bi composant.

Un vernis bi composant se dose avec précision, ils sont livrés avec des seringues pour doser la résine et le durcisseur à 50%, toute variation de ce dosage entraînera un non -séchage du vernis.

à noter qu'il est possible de réaliser son propre vernis "lite" en ajoutant un peu de solvant dans un des composants (acétone) pour fluidifier le mélange.

2/ les ennemis du vernis

Les poussières : pour faire un bon vernis il faut travailler dans un environnement protégé au maximum des poussières : pas de courant d'air, déplacements minimums, pas d'ordinateur en marche, certains vont même jusqu'à vaporiser de l'eau dans la pièce pour fixer au sol les poussières.

Les silicones : responsables des cratères dans le vernis, ces micro trous qui rendent fou .. les silicones sont partout, sur beaucoup de matières plastiques, ils constituent souvent des aides au démoulage de tous les objets en plastique, nos mains en sont couvertes, avant tout vernis, se laver fortement les mains et éviter ensuite de toucher des matières plastiques.

Les bulles d'air : le meilleur moyen de ne pas en avoir c'est de ne pas en créer, remuer le mélange doucement, à l'aide d'un bâtonnet en métal (pas de bois, poreux, qui contient de l'air), une fois la bulle d'air repérée (souvent derrière la patte de l'anneau) on la neutralise à l'aide d'une flamme ( à vos risques et périls , l'application doit être instantanée sou peine de détruire le blank), en soufflant dessus, ou en passant un coup de sèche cheveu, terriblement efficace mais vecteur de poussières. Il est possible aussi de réduire les bulles en passant sur les ligatures un préservateur de couleur, dont le rôle n'est pas simplement de tenir les couleurs, mais aussi de prendre la place de l'air dans les fibres du textile et d'en éviter du coup la sortie au moment du vernissage : lutter contre les bulles c'est éviter d'en créer. Accessoirement, le préservateur de couleur aide aussi à cimenter la ligature au blank et maximise sa résistance.

Les Plastiques sensibles aux solvants : quand utilise du vernis Lite il faut prendre garde à ce que le solvant n'attaque pas le plastique du pot ou de la touillette, dans le doute, travailler avec un récipient et une touillette en métal.

Le mauvais dosage : un bon vernis est affaire de dosage précis, autant on peut y aller un peu à la louche avec un collage époxy, qui ne fera que durcir plus ou moins vite, autant le vernis ne séchera tout simplement jamais. Il est préférable quand on commence de ne pas travailler avec de trop petites quantités de vernis : une erreur de dosage aura proportionnellement des conséquences plus importantes sur une petite quantité de matière, que sur une grosse : mieux vaut se tromper un peu avec 2 cc que se tromper un peu avec 1/4 de cc, proportionnellement l'erreur sera moins importante avec 2 qu'avec 1/4

Le mauvais mélange : il faut mélanger lentement, et longtemps. Les américains disent "mélange, mélange mélange, et quand tu as marre, mélange encore un peu". un vernis dosé pile poil à 50% et mal mélangé ne prendra pas. De ce que j'ai constaté 3 minutes suffisent.

Le chauffage : c'est à mon sens un faux ami. Si dans un premier temps le vernis parait fluide, sa prise est ensuite accéléré et oblige à refaire ensuite souvent du vernis.

Le niveau du plan de travail :  ne faites pas comme moi, vérifiez que votre plan de travail soit parfaitement de niveau dans le sens du blank, sans quoi le vernis va "poirer" sur la ligature d'un coté ou de l'autre, autant que mes erreurs servent .... 

3/ L'application

avant : c'est un conseil repris par de nombreux monteurs aux US : mettez le vernis dans vos poche pendant 20 minutes, c'est une température idéale qui fluidifie assez le vernis pour en rendre l’application aisée, et ne le fait pas prendre trop vite pour autant : un compromis

pendant :il y a plusieurs écoles, l'une qui dit de déposer le venis et de laisser le moteur du tour faire le boulot, moi je n'y arrive pas comme ça, et l'une qui dit de tirer son vernis, les meilleurs résultats que j'ai obtenu l'ont été en tirant le vernis au maximum, dans le sens du blank (surtout pas perpendiculairement au blank). La rotation de votre moteur devra être comprise entre 6 et 20 tours/minute.

Pour les vernis longs : mettez beaucoup de vernis, n'hésitez pas sur la quantité, c'est le fait de ne pas en mettre assez de peur de ne pas réussir à le lisser qui crée des manques de matière et donc des creux et des bosses, mettre suffisamment de vernis lui permet de se lisser mieux. Débullez à l'aide d'une lampe à alcool en prenant soin de ne viser que la ligature, et pas le blank (lampe à alcool visible sur la video).

***

après : il faut suivant les conditions de température au minimum six heures de séchage pour le vernis ne soit plus fluide et ne nécessite plus de moteur.
passé ce délai, le vernis sera encore sensible une dizaine d'heure aux traces de doigt, et devra être dur au toucher en 24 heures.
le vernis donne l'apparence d'être sec en 24 heures : il ne l'est pas, chimiquement comme toute epoxy, la prise est terminée en 4 ou 5 jours, pas moins.

encore après : un vernis craque aux premières utilisations, c'est normal, il va prendre sa place, se déformer, être sensible à la chaleur, aux UV, aux flexions, si vous laissez votre canne dehors trop souvent les vernis vont aussi être sensibles aux UV et jaunir, qu'ils soient dits protégés des UV ou pas.

4/Si vous avez foiré le coup

le vernis ne sèche pas : s'il n'est pas sec du tout au bout de 24 heures, mettez un coup de sèche cheveux là-dessus, un coup de cutter pour couper les ligatures, finissez à l'acétone pour nettoyer, et recommencez : c'est mort : le vernis ne prendra pas.

le vernis a pris mais reste sensible aux empreintes de doigt : laissez le dehors plusieurs jours, en plein soleil, souvent ça finit par le faire prendre.


POUR RESUMER


1/ En rodbuilding tout est possible, il suffit de savoir coller, couper, poncer, caler, on est plus proche du travail d'un maquettiste que de celui d'un orfèvre

2/ Un blank c'est fragile mais ça n'est pas du verre, il n'y a aucun risque d'en abîmer un en le construisant, ça n'est arrivé à personne jusqu'ici.
Au pire votre première canne sera moins belle que la deuxième, mais elle sera toujours pêchante et a coup sûr largement au dessus de vos attentes.

3/ Construire une canne c'est aller plus loin dans l'expérience de sa pêche, c'est comprendre et vivre  le fonctionnement d'une canne, le rôle des anneaux, c'est se faire un outil adapté à sa pêche, à partir des composants les plus hauts de gamme disponibles sur le marché

4/ Rodhouse met à votre disposition son forum et ses tutoriels, qui sont la base francophone d'information et d'expériences sur le rodbuilding la plus complète, vous n'êtes pas seul quand vous montez votre canne, il y a toute une communauté d'utilisateurs et de modérateurs qui peuvent vous apporter l'aide necessaire.

5/ Monter sa poignée c'est facile, toutes les pièces sont calibrées autour de 26-28 mm, le risque d'erreur est négligeable, le plus « dur » est de choisir une bague à distance sans avoir le blank sous les yeux, mais chez Rodhouse tous les blanks sont mesurés, tous les 5  cm sur les 50 premiers cm.

6/Choisir ses anneaux et savoir comment les placer, là encore c'est facile, cela fait l'objet de spécifications, en les suivant il est impossible de se tromper

7/Faire une ligature aussi est facile, c'est du fil coincé que l'on tourne autour du blank, rien de plus simple, nous mettons à votre disposition des tutos en vidéos, et en photos.

8/La phase que redoute la plupart des monteurs est celle du vernissage, là encore nous mettons à votre disposition des tutoriels et des retours d'expérience qui permettent en suivant les étapes de démystifier cette opération et d'arriver à faire de beaux vernis.

9/ en additionnant les étapes, monter une première canne prend environ une dizaine d' heures, bien moins avec un peu d'expérience

10/ Attention à vous ...monter une canne ….c'est en construire d'autres …

:)

Bienvenue dans un nouveau monde, celui de ceux qui rêvent, et montent leurs cannes …

RAPPEL DE LIENS A LIRE ET PARCOURIR

lexique :
https://www.rodhouse.fr/cms.php?id_cms=14
tuto video ligature :
http://www.youtube.com/watch?v=gyMtJWs1FbE&feature=plcp
tuto video vernissage :
http://www.youtube.com/watch?v=_0F5ZicvRaY&feature=plcp
lire une spécification de montage :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=7
spécifications de montage :
https://www.rodhouse.fr/cms.php?id_cms=12
tuto photo ligature :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=37
table de correspondance des longueurs :



comprendre l'intérêt du KR concept :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=2039
construire un reamer :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=54&p=345#p345
correspondance de la taille de tube des anneaux de scion entre les unités US et métriques :


montage d'un PM avec du scotch de peintre :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=8&t=53

Montage d'une canne pas à pas, en photos :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=9&t=1868


le même tuto, en anglais (merci le moutch) :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=16&t=1878

FAQ rodbuilding (Merci ANR) :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=13&t=1355

Tableau des blanks disponibles chez Rodhouse :
https://www.rodhouse.fr/cms.php?id_cms=18

Choisir le tube de son anneau de scion :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=1770

Toutes les spécifications fuji 2012 :
http://www.fujitackle.com/catalog/book/rodcomponent2012/index.html#page=53

Lire une nomenclature Fuji (Merci Eric) :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=1425

Exemples de poignées détaillées :
https://www.rodhouse.fr/forum/viewtopic.php?f=7&t=1276

 
Tutoriel libre de droits, à condition de citer la source :

https://www.rodhouse.fr