USA TRIP PART 5 : NFC fishing time

USA TRIP PART 5 : NFC fishing time.

Par Goulven Dollé.

Lundi réveil de bonne heure, j’ai rendez-vous chez Aleks. On a plusieurs heures de voiture devant nous. Cap à l’est, on part de Seattle direction un espèce de quasi désert qui est bordé à son ouest par la fameuse Colombia River.

La veille on a fait un peu de shopping dans un Cabelas, tradition oblige, et on a acheté tout un tas de petits leurres souples, de TP, pour refaire les stocks d’Aleks.

fishing store
Voilà le genre de décoration que l’on peut trouver dans les cabelas…

On embarque dans son F150 (je me demande si à la naissance aux US la dotation de base n’inclut pas un F150) et c’est parti pour quelques heures de route. On emprunte L’interstate 90, on traverse la chaîne montagneuse qui délimite la partie verte de l’état de Washington, c’est un paysage de montagne super joli, dense, escarpé. On franchit la Columbia River, et on se retrouve alors d’un seul coup dans une pampa désertique, des kékés, de la poussière et du sable à perte de vue. C’est une journée super chaude, il fait 42 degrés, et on est clairement mieux dans le truck qu’à l’extérieur.

Mountain road



On s’arrête pour faire quelques petites courses dans un bled improbable, de quoi grignoter sur les boats et ne pas mourir de soif, traduisez des chips, du bœuf séché et quelques caisses de Coors.

beer


On a rendez-vous avec le gars Jason, chargé de communication de NFC, un ancien de chez Lamiglass, qui est là pour profiter de la journée avec nous, faire des photos, sortir le drone. Un personnage bien sympa, une espèce d’immense Droopy tatoué des pieds aux oreilles, et surtout un obsédé complet de la pêche. Là encore c’est le genre de gars qui sera toujours plus fondu que toi, pas la peine d’essayer de tester, il ne vit, ne travaille, que pour ça. La pêche, tout le temps, partout, un vrai lifestyle, rien à côté. Je parle là encore, d’un incurable complet.

American style


On fait route à deux véhicules et on rejoint le guide de pêche de la journée, Dave Perkins, un autre personnage hors norme, membre du ProStaff NFC et Edge Rods. Là on est clairement plus dans le format petit cube sur pattes, pompier, ancien d’Irak et d’Afghanistan, il s’est fracassé le dos en tombant d’un hélico. Lui c’est le genre baroudeur, toujours un truc à raconter, la blague en embuscade H24, je ne sais pas si on va faire des poissons, mais visiblement on devrait au moins rigoler.

Il stocke tout son matos, ses Bass Boats, Pontons,  etc., dans une zone de Box où on le retrouve. Lui il a un 2500 Chevy Silverado, ce qui commence à faire une grosse bestiole. De ce que j’ai compris aux US les PickUp sont catalogués en fonction de la cylindrée, ça commence au F150 (les petits ^^), ça se finit si je me souviens bien au F550 (ou5500, ou 55 etc,) qui sont double essieu, équipés d’attache pour remorques et semi remorques, vraiment destinés à l’emport et la traction, et aussi ce que je ne savais pas, très souvent diesel. Le capot de son 2500 est plus haut que mon épaule, on n’est pas vraiment dans la citadine made in Europe.

2500 Chevy Silverado
Ça commence à devenir sérieux !

Cette fois ci on fait donc route à 3 véhicules, et à un moment donné, on quitte la route principale, et on s’engage sur des routes non carrossables. On rejoint alors d’autres gars avec d’autres pickups et d’autres bass boats, et ça commence à ressembler à une expédition. Il y a des ProStaff NFC, des potes à eux. On doit être 6 ou 7 véhicules, ça fait un nuage de poussière de l’enfer, les véhicules qui suivent sont littéralement recouverts de sable.

Pick up and bass boat
Ok, y’en a pour combien en pick up là? Et je parle pas des Bass Boats.

Je commence à douter de l’existence de ce lac, tout est aride, on croise des chevaux en semi-liberté, je ne vois pas une goutte d’eau, d’humidité, de végétation, à mon avis il n’y a ici pas plus d’eau que dans le frigo de Dave.

Fishing bass in the desert with Aleks Maslov from NFC (North FOrk Composites)


Et tout d’un coup, après dix minutes de vadrouille, il apparaît. Posé dans la roche un lac de fou, complètement invisible depuis la route maintenant lointaine. Un mirage. Tout en longueur, avec un coude, ça doit faire 500 mètres de long sur une 50aine de large, il y a des zones peu profondes avec des herbiers, des carpes qui marsouinent au soleil, des berges de fou partout, de la végétation en bordure côté nord, et ça descend à 13 mètres au milieu. Guys, ça va être du délire …

Dave à les droits de pêche exclusifs sur le lac, qui est privé, et il nous promet des poulets de 10 Lbs comme s’il en pleuvait.

mise à l'eau des bateaux


On met les bateaux à l’eau, le ponton de Dave, qu’on fait avancer à la rame, et c’est parti. Je suis avec Aleks, Dave et Ben Hill, un gars au top qui possède une boite qui justement construit des bass boats et des pontons, dont celui de Dave.

Et là, comme souvent à la pêche, c’est plus compliqué que prévu… La chaleur écrasante cloue les gros poulets au fond, et ce n’est pas l’orgie espérée. Les poissons actifs sont sur les bordures, dans les tous premiers mètres, et ce ne sont pas de gros poissons, le plus gros de la journée doit taper ses 50 cm.

Ça pêche en spinning et en casting, sur des petites 2-10 grammes. Coté leurres sur notre boat on fera tous nos poissons sur des petites virgules vertes et de la petite TP obus de 2/3 grammes. J’essaye comme d’habitude de faire un petit moment le malin avec des craws et des saloperies comme ça, genre les gars je vais vous montrer ce que c’est qu’un pêcheur de bar, j’essaye de gratter, j’essaye de déclencher des vaches en linéaire coté creux quand tout le monde se fend la gueule sur les bass de 40 sur les berges, et au bout de quelques Coors et de pas de poissons je me rend, je tape dans la boite de leurres de Dave, et j’essaye de faire comme tout le monde.

fishing with NFC
NFC fishing way of life

Sauf que les poissons sont un peu cons, ils doivent en avoir après mon accent, et je mets quelques minutes à trouver un pattern qui marche bien, lancer ras la berge, petit linéaire slow, rendre la main, do-nothing entre deux eaux, et ferrage . Une fois que le pattern est rentré, ça passe quasi à tous les coups, et on fera quasiment tous les fishs de cette manière. On a espéré que le soir et la fraîcheur tombante allait faire sortir les dindons, mais rien, seul un autre bateau avec des petits ados geek dont Jason, bien plus à fond dans la pêche que nous, réussira à faire des plus beaux en surface, en soirée, mais ce ne sont pas les monstres attendus non plus.

Fishing time in the desert
Alone in the desert …

Nous, ça fait un moment qu’on se fait plaisir avec les 40 & compagnie. L’essentiel est ailleurs. Sur notre bateau, on se marre comme des bossus. On crève de chaud, mais quand je dis ça on crève de chaud. On cause, on blablate, on pose la rod dans le ponton, on fait un pas à l’extérieur, plouf, immersion de l’astronef, on remonte à bord, pas de soucis dans 5 minutes on est secs. On fait mal aux glacières de Coors aussi, on est impitoyables. On est un peu le bateau des relous, on fait beaucoup de plongeons, un peu de piraterie avec les autres bateaux plus appliqués que nous dans leur pêche, vraiment on rigole, tout en logeant des dizaines d’achigans de toutes les sortes, et des petits crappie fish.

Comme sur pas mal de boats ça parle de pleins de trucs et euh … d’amour bien sûr. Je crois qu’avec le débit qui va bien, les périphrases, le vocabulaire local pour parler de tout ça, ces discussions auront été celles que j’aurai eu le plus de mal à suivre. Qu’on se rassure, les américains sont largement aussi couillons que nous sur le sujet.

La journée passe, on est sur notre ponton dans un lac bourré de bass dans le désert, on boit des bières et on rigole, j’adore cette journée.

Le soir tombe, ça devient plus respirable, on profite encore un peu de la fraîcheur, on sort les boats et on met les bouts.

NFC and Edge Team
Aleks, Ben, Dave, Jason et moi. Souvenir d’une excellente journée !

Il est un peu tard pour rentrer sereinement sur Seattle, alors Dave nous propose à Aleks, Jason et moi de passer la nuit chez lui, dans une McMansion pas trop loin. Une McMansion aux US c’est une ville un peu champignon sortie au milieu de nulle part, middle class un poil cheap, ou tout se ressemble, les maisons, le McDo au milieu, les grandes surfaces. Une sorte de ville de base aux modules et dérivations répétables à l’infini. Rien de péjoratif de mon côté, c’est Dave lui-même qui m’explique ça. Le genre de ville que tu peux quitter, pour aller dans une autre, sans te rendre compte que tu as changé de ville. Une fois qu’il m’a dit ça, j’ouvre les yeux et je regarde, c’est vrai qu’il y en a des paquets des villes de ce genre, qui donnent l’impression d’avoir été posées depuis l’espace en un seul morceau. Ça doit être le pendant de ces villes de départementales, ou les panneaux de pub par centaines t’annoncent la sortie de la ville et le territoire des centres commerciaux.

On s’arrête acheter des burritos et des tacos, et on file chez Dave, débriefer la journée autour d’une bouteille de whiskey canadien. A un moment chez lui je remarque un espèce de gros pétard façon gros pétard, et je lui demande si c’est de l’AirSoft ? Éclat de rire, non ce n’en est pas. Bon on est aux US quoi.

On finit par se tanker, un peu tard, un peu cramés. C’était une pure journée avec les gars de chez NFC, avec encore des belles rencontres, encore un visage des US que je ne connaissais pas, des gens qui te parlent de leur vie, de leurs boites, de leurs potes, de leur façon de vivre. Je me suis plongé dans ce lac comme je me suis immergé dans leurs vies de pêcheurs d’un autre continent, le temps d’une journée. J’ai le souvenir de cette eau qui paraissait glacée à côté de la fournaise extérieure. J’ai le souvenir de ces discussions étonnantes, qui diffèrent vraiment des nôtres, quand quelqu’un commence une histoire, que le débit change, que le ton descend, et que les autres écoutent, pensifs. L’histoire, la manière de les raconter, la manière de leur accorder du temps, je crois que ça mériterait un bouquin en soi. Un autre pays. Lointains cousins.

Demain on décolle tôt avec Jason et Aleks, on doit être à 8 h du matin à Woodland, là où est établi la fabrique de blanks de North Fork Composites. On sera Mardi, ça sera ma dernière journée pleine aux US. Je vais rencontrer quelqu’un que je tiens absolument, maintenant, à vous présenter. Je veux bien sur parler de l’immense Gary Loomis. American Legend.


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1 réaction sur “ USA TRIP PART 5 : NFC fishing time ”

  1. daniel Réponse

    Rencontrer Gary Loomis, c’est rencontrer une légende vivante au niveau des cannes à mouche.

    On ne peut qu’être ravis pour toi.

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