Pêche en Extremadura : une semaine au paradis …

Pêche en Extremadura : une semaine au paradis …

Le paradis de la pêche existe, j’en viens. Et il n’est pas loin, en Espagne, en Extremadura. On réserve une semaine (bien à l’avance) et on se lance dans l’inconnu. Enfin, pour moi, c’était l’inconnu, et des paradis halieutiques il y en a d’autres, mais celui-là il tient la route.

Il n’est jamais trop tard pour laisser aller ses envies, jamais trop tard pour assouvir sa passion, jamais trop tard pour s’offrir son premier voyage de pêche. Et si par la même occasion on peut l’offrir à son fils et le faire avec des copains et bien je vous dis que quand on remonte dans l’avion, on se demande pourquoi on rentre.

Cette histoire commence l’année dernière, Vincent connait Matthieu et me dit :

– Philippe, on se fait ça ?

– On se fait quoi ?

– Le broc et le bass en Extremadura. Je te présente Matthieu, le boss du centre, que je connais depuis longtemps.

On discute, avec Matthieu, c’est quoi ce centre, c’est où, on fait quoi, c’est comment ?

Décision vite prise, très vite même. On décide de prendre une semaine sur Mai 2018, avec les ponts on limite les jours à poser et cette période est favorable à un programme mixte bass/brochet. On sera 6, mon fils et 4 copains, ensuite il faut attendre… et c’est long l’attente… Vendredi soir, ça y est. Le paquetage est prêt, les leurres aussi (beaucoup trop…), les cannes dans le tube, le tube dans la voiture, et tout le monde dans l’avion (pas la voiture, on décide de la laisser au parking).

Un petit mot rapide sur Extremadura Monster, le prestataire que nous avons utilisé.

Cette partie va aller vite : parfait. Le concept c’est « allez à la pêche en Extremadura, on s’occupe de tout ». Les premiers à l’eau le matin, les derniers à sortir le soir, des guides super, à l’écoute, qui connaissent les plans d’eau sur le bout des doigts. Des bateaux de rêve, rien que les runs à 80km/h entre les spots valent le voyage. La maison pour nous 6 est juste parfaite, logement, petit-dej et déjeuner inclus dans le forfait, avec vue sur le lac en prime.

La destination.

On pêche sur 3 lacs différents, chacun ses spécificités.

Sur place, Orellana. Lac de barrage typique, immense, avec des méandres partout, des baies, des pointes, du grand fond, des zones shallow. Programme Brochet et Bass, sachant qu’on peut aussi y trouver des Barbeau Comizo, mais plus tard dans la saison. La pêche à cette époque est une pêche de bordures, bass et brochet, mais aussi le brochet en pélagique sur certaines zones regorgeant d’immenses bancs d’ablettes dont les brochets se gavent à s’en faire péter la panse.

Des paysages à couper le souffle pour une destination de rêve!

Garcia Sola. A 30mn, un décor totalement différent, type moyenne montagne. Plus petit, plus escarpé, plus joli aussi. Les densités de bass sont hallucinantes, la taille moyenne indécente. Brochet et sandre sont aussi au programme du plan d’eau, mais nous nous focaliserons sur le bass.

La Serena. Un décor encore différent. Une grande plaine pelée, ouverte et assez plate, un lac immense où la navigation peut vite devenir compliquée du fait de l’exposition au vent. Lors de la mise en eau, les forets d’Eucalyptus ont été noyées, les brochets s’y cachent.  C’est l’usine a métrés. Sur le bateau de Paul, notre guide, aucun poisson non métré n’est jamais monté à bord. Ça annonce la couleur. Un truc réservé aux psychopathes : on lance dans les arbres  et quand ça touche c’est métré et il faut extraire le broc d’autorité comme si c’était une perche, parce que s’il pend 10cm, il retourne dans les branches et c’est mort.

On est sur 2 bateaux, Vincent mon fils et moi avec Paul, Christian, Christophe et Thomas avec Nil.

Pour nous, ça sera un programme pêche « all inclusive », on veut toucher à tout, bass et broc. On commence par Orellana le dimanche, puis Garcia Sola le lundi. L’idée c’est de voir comment ça réagit et de décider ensuite selon la pêche et les résultats, sachant qu’on fera bien sûr une journée a la Serena. Impossible de ne pas y aller.

Finalement les brocs sont difficiles à Orellana, on y passera une autre journée, le mardi, mais on insistera plus sur Garcia Sola, car les bass y sont en feu…

La pêche.

Selon les époques, bien entendu les techniques vont changer, car les tenues des poissons ne sont pas les mêmes. Pour ce qui nous concerne et sur notre bateau (le guide s’adapte à nos demandes), voici l’essentiel des pêches pratiquées.

Le brochet à Orellana.

Le lac regorge d’immense bancs d’ablettes. Elles viennent de monter en surface, une ou deux semaines avant notre arrivée. C’est le début de la pêche pélagique. Celui qui n’a jamais passé un Jerk Minnow ou un Buster dans le vide complet au-dessus de 25m de fond aura beaucoup de mal à s’y mettre. J’ai eu beaucoup de mal… mais ils montent… le leurre fend le banc d’ablettes, ça crée un mouvement, qui attire le broc, monte voir et tape dans le leurre. C’est hyper violent… On y pêche aussi au shad, en linéaire plus ou moins profond ou en traction.


En plus de la pêche pélagique, on a aussi écumé les bordures à Orellana. La fraie des bass était terminée, les herbiers en train de monter en bordure, les brocs y sont donc aussi. La pêche est typique de bordure, au Jerk minnow et shad en linéaire dans des fonds de moins de 10m. Ça ressemble à nos pêches habituelles, on est tout de suite à l’aise sur ce programme.

Sur notre bateau, on n’a pas cherché le bass sur ce lac, on ciblait le brochet. Et on en a trouvé quelques uns…

Le brochet à la Serena.

Objectif Métré. Une pêche hyper technique. Les gros poissons sont dans les arbres immergés. Il y lance des shads 7″ ou 8″ sur TP Texan et on passe entre les branches, dans des fonds plus ou moins grands. Pas de poisson pour nous, une casse sur un 105+ sur l’autre bateau. A refaire, mais on termine la journée vanné tellement la concentration est permanente.

Pour le Bass, direction Garcia Sola. Une pêche finesse en bordure essentiellement.

Tout au worm, soit en montage Waki classique, soit en drop shot. Je n’avais jamais pêché le bass de ma vie, j’ai pris un pied de dingue. Les bass sont en feu, je pense qu’on a touché la centaine de poisson par jour, ou pas très loin. Beaucoup de casses et de décro au début, mais on s’améliore vite dans ce genre de situation, et on rentre 70 poissons au bateau le jeudi. Mais le plus dingue, c’est la taille moyenne… Largement plus de 40cm de moyenne et on touche plus de 10 poissons de 50+/jour (on ne les sort pas tous…)

En programme petit crank sur certaines bordures, qui a bien donné le matin, quelques uns au top water aussi, aux heures chaudes ou le soir, ainsi qu’au soft jerk, une découverte pour moi et un truc hyper ludique, attaque en surface et pêche à vue.

Au bilan des deux bateaux, on fait 2 brocs de 105, un sur chaque bateau, pas mal de 90+. La taille moyenne des brocs est à plus de 85cm, des poissons gras comme des cochons, à se gaver d’ablettes. Pour le bass, c’était l’orgie… Une taille moyenne probablement à plus de 45cm, plusieurs dizaines de bass de 50+ (perso 3, mon fils aussi) dont un 58 et quelques 57 (dont mon fils). Perso, je décroche un 55+ et j’établis mon record à 51. On a aussi piqué quelques sandres en cranking… et au worm aussi !


Les blanks.

Ne connaissant pas du tout la pêche là-bas, je me suis fié à quelques indications glanées à droite à gauche. J’ai fais une erreur et un oubli.

L’erreur c’est pour le cranking, j’ai pensé devoir plonger beaucoup, j’ai pris mon Delta CB-706 et mes gros cranks. C’est trop puissant, on pêche avec des petits cranks semi-plongeants (bande des 2-3m), le CB-704 aurait été plus approprié. L’oubli, c’est le DS-761-HM. Je ne pensais pas qu’on pouvait pêcher le bass sur des montages aussi light. Les deux seront du voyage l’année prochaine.

Pour le bass au worm, j’ai utilisé mon SJ-762-HM.

Un blank de 7″6′ (228cm) qui lance 3-12Grs et doté d’une pointe assez flex et d’une grosse réserve de puissance.

Un gavage pur. Même si je lui préfère le DS-761 pour le DS (logique, non ?) il s’est parfaitement accommodé du programme. Hyper sensible, pointe hyper flex pour limiter les décros lors des jumps. J’en ai loupé quelques uns, surtout au début, mais parce que je n’osais pas tirer/mouliner assez fort quand ils sautent. Une fois pigé le truc, fini. Un bass de 45 ça secoue, mais même à 50+ ça fait le taff. Certes, ça plie, mais le talon le lâche jamais l’affaire. Même mon 55+ ne lui fait pas peur. Du gavage pur.

Pour les pêches de surface sur le bass, Soft-Jerk et petit sticks, j’ai utilisé mon MB-705-HM.

Un blank de 7″ (213cm) hyper rapide et assez sec de pointe et qui lance 10-30Grs.

Je ne l’avais pas emmené pour cet usage, c’est plus un blank de gratte et je comptais lui passer des rubber jig avec des craw, mais nous n’avons pas pratiqué cette technique (valable plus tard en saison).

Un petit peu trop puissant au lancé pour les soft-jerk, il avait du mal  se charger (4-5grs, c’est un peu léger pour lui), mais la réserve est appréciable pour extraire le poisson des bordures, car c’est là qu’on va les chercher avec cette technique. A la touche, c’est ferrage à l’américaine et tractage en règle en surface. Pour faire ça, ce blank est parfait , mais je prendrai autre chose la prochaine fois, plus typé stickbait, avec une pointe un peu plus flex.

J’ai fait essayer ces deux blanks à notre guide, il n’en revient toujours pas. Quand je combattais les bass avec le 762, il me disait « fait durer un peu, je regarde ce blank, c’est tellement beau »… il en a fait quelques uns avec, il est tombé sur le cul… J’ai eu du mal à récupérer ma canne, et que dire du 705… Hein Paul ?

Pour le brochet, j’avais mes 2 fidèles bon vieux SJ-706-IM et RX7 IF-904.

Le SJ-706 sera essentiellement sur le programme Jerk Minnow.

Un blank de 7″ (213cm) avec une pointe rapide et un peu flex et qui lance 15-50Grs.

Je n’avais jamais osé rentrer aussi fort dans ce type de leurre… le genre de pêche qui remplace une session de muscu de l’avant bras… Il a aussi couvert le combo Shad/TP14 quand il fallait passer sur des montages un peu plus planants. J’adore définitivement ce blank… il fait tout bien… par contre, mon bon vieux Lew’s n’a pas résisté aux jerks de bûcheron… l’anti-retour a eu du mal à finir la semaine de pêche en Extremadura …

L’IFS-904 a couvert le reste du programme brochet.

Un blank de 7″6 (224cm) d’action progressive mais assez rapide qui lance (sur la lune) de 30 à 110 grammes.

Shad sur TP 20 et 30Grs. Je lui ai aussi passé du Buster, un peu de swim (sans succès, les brocs étaient sur des petits poissons). Il a aussi couvert le coup du matin, du bord, quand il fallait lancer loin. Ce blank est définitivement une catapulte, surtout couplé au Conquest 201 réglé aux petits oignons. Je pense que je lançais au moins 15m plus loin que les autres. Quand on faisait le coup du matin au port du bord en attendant les bateaux, ça m’a rapporté des poissons que les copains n’atteignaient pas. Il a pris des courbes que je ne lui connaissais pas… ils ont une patate d’enfer, les brocs, là-bas…

Enfin, mon SWB-807-IM.

Un blank à swimbait qui lance 50 à 170Grs et d’une conicité énorme, pour la réserve de puissance.

Il était dédié à la Serena. Il faut lancer, parfois en pitching, un combo d’une cinquantaine de grammes avec un blank capable de ne pas rendre le moindre centimètre à un broc de 110 (la moyenne là-bas).

Et bien, ça pitche (un coup à prendre), ça lance aussi. Mais surtout, quelle sensibilité !! On pêche dans les branches, donc la moindre info est cruciale. Petite ou grosse, tanqué ou pas, est-ce qu’on est en train de glisser sur une branche ou pas, etc. La sensibilité de ce blank est surprenante, et pour le coup, la sensibilité est vitale ! Car les touches des brocs sont hyper fines sur cette pêche, mais surtout, si on laisse faire passivement, c’est tanquage garanti. C’est simple : je n’y ai pas laissé une seule TP… Bon, pas pris de poisson non plus, mais j’y retournerai. Le guide a aussi kiffé ce blank « on dit aux clients de venir avec une barre à mine pour extraire les poissons, mais ça lance pas et on sent rien, là non, on sent tout et c’est pas une barre, impressionnant ».

J’y retourne l’année prochaine, à la même époque. Dans mon tube et compte tenu de cette première expérience, j’aurai :

– DS-761-HM pour le bass au worm

– CB-704-IM pour le bass et le sandre en cranking

– SJ-706-IM pour le shad et jerk minnow

– RX8 IFS-904 pour le reste du programme brochet

– SWB-807-IM pour la Serena, sachant que le Phenix UMBX-790-H serait tout aussi adapté, un peu moins sensible et flex en pointe, mais plus raide pour l’extraction.

Je compléterai probablement avec un autre blank que le 705-HM pour le soft jerkbait, un cran en-dessous en puissance de lancé, et une action un peu moins sèche et un gros talon… un MB-702-HM ? Ou alors le SJ-762-HM ?

Une semaine de rêve, pas loin et avec un budget tout à fait raisonnable en regard de la qualité de la prestation (hébergement et navigation sur des gros Nitro Z18…) et du guidage. C’est ça la pêche en Extremadura !

2 réactions sur “ Pêche en Extremadura : une semaine au paradis … ”

  1. Christophe Réponse

    Un séjour de fou en bonne compagnie Que demander de plus. Hâte pour l’année prochaine avec mes cannes j’espère. Tes infos sur les cannes vont m être précieuses. Je cherche une canne drop et la SJ 762 HM a l air top

  2. Philippe C. Réponse

    Comme je te l’ai dis sur FB, le SJ-762-HM n’est pas à proprement parler « un blank à drop shot », mais il fait çà très très bien (en plus du reste).
    Pas de soucis pour te le faire essayer lors d’une prochaine sortie club 😉

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